mercredi 30 avril 2008

Petit poème

Une fermière du Rwanda,
Qui était Hutu de surcroît,
Quitte sa case et sa smala
Pour le marché de Kampala

Elle veut honorer sa tribu
D'un beau chapon gras et dodu.
Mais elle est peu fortunée
Et le marchand Tutsi, rusé,

Refusa de baisser le prix
Du chapon par elle choisi.
Me le donnera-tu,
Dit la cliente Hutu,

Contre une gâterie
Sur ton beau bengali?
A voir, dit le vendeur,
De cette gâterie, quelle serait la valeur?

Vaudrait elle un chapon?
Il m'en faudrait la preuve pour de bon.
Aussitôt, la bougresse s'enfouit sous le boubou,
Et vite, fait jaillir la sève du bambou.

J'ai gagné le chapon, s'exclame l'innocente,
La bouche encore pleine du produit de la vente.
Que nenni lui répond le volailler acerbe
Tout comme la face, le chapon tu as perdu
Car comme le dit notre si beau proverbe
Turlute Hutu, Chapon point eut.

3 commentaires:

Fanette a dit…

Excellent !!

Maxie a dit…

Quel talent ! Bravo !

Olivier P a dit…

La modestie m'ammène à préciser que ce poème n'est pas de moi